Ce que l'IA change (vraiment) dans la manière de piloter une entreprise
TechRadar Hones – #07
La newsletter des CEO de la tech
👋 Bonjour,
Ce mois-ci, on vous a sélectionné 3 ressources pour :
Comprendre pourquoi l’IA est devenue un sujet de direction générale
Identifier ce qui distingue les entreprises qui créent de la valeur de celles qui accumulent les POC
Évaluer votre propre posture de dirigeant face à cette transformation
Passer du “il faut faire de l’IA” au “voilà comment je pilote”
La vraie question pour un CEO en 2026 : qu’est-ce que ça change concrètement dans ma manière de piloter ? Prise de décision, relation avec les équipes tech, arbitrages stratégiques, gouvernance. Le sujet n’est plus technologique. Il est managérial.
Pas de bullshit, pas de concepts abstraits : que du concret pour les dirigeants qui veulent piloter cette transformation, pas la subir.
🗞️ Les articles du mois
1. Les CEO prennent le contrôle de la stratégie IA : ce que révèle l’étude BCG 2026
→ Lire : Un PDG sur deux estime que sa réussite dépend de sa stratégie IA
Il y a un an, l’IA était encore un sujet délégué aux équipes tech. En 2026, la donne a changé : 72% des PDG déclarent être désormais les principaux décideurs en matière d’IA. C’est deux fois plus qu’en 2025.
Ce n’est plus une tendance. C’est un basculement.
✅ Pourquoi le lire ?
Cette étude BCG, menée auprès de 2 360 dirigeants dans le monde (dont 640 PDG), pose un constat qui devrait interpeller tout CEO de startup ou scale-up : la stratégie IA n’est plus un sujet à déléguer. Elle engage directement votre capacité à piloter l’entreprise.
Quelques chiffres qui méritent qu’on s’y arrête :
Les entreprises prévoient de doubler leurs dépenses IA en 2026 (1,7% du CA en moyenne).
94% des PDG maintiendront ce niveau d’investissement même sans ROI immédiat.
Les PDG “pionniers” consacrent 60% de leur budget IA à la formation, contre 27% chez les pragmatiques.
Ce que montre cette étude, ce n’est pas que l’IA devient importante. C’est que la capacité d’un CEO à piloter sa transformation IA devient un critère de performance. Et les dirigeants qui restent en retrait sur ce sujet prennent un risque stratégique croissant.
La bonne nouvelle pour les dirigeants français : 42% des PDG hexagonaux sont classés “pionniers”, ce qui place la France en tête des pays européens. La mauvaise nouvelle : cela signifie aussi que 58% ne le sont pas.
💡 À retenir : “L’IA n’est plus un sujet tech. C’est un sujet de direction générale. Les CEO qui ne s’en emparent pas perdent la main sur leur propre vélocité.”
2. Stratégie IA en scale-up : pourquoi 2026 marque un point de bascule
→ Lire : Stratégie IA en scale-up : pourquoi 2026 sera décisive
Le vrai risque de l’IA pour une scale-up n’est pas que les développeurs soient remplacés. C’est l’écart de vélocité qui se creuse, chaque jour un peu plus, entre les entreprises qui structurent leur adoption et celles qui improvisent.
Cet écart ne se rattrape pas avec un budget ou une embauche. Il se rattrape avec une stratégie.
✅ Pourquoi le lire ?
Cet article pose un diagnostic frontal sur la situation des entreprises françaises face à l’IA. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 60% des PME sont encore au niveau 1 d’adoption, c’est-à-dire un usage non cadré, sans objectifs définis, sans équipes formées. Autrement dit, elles utilisent l’IA. Mais elles n’ont pas de stratégie IA.
La nuance est fondamentale. Et les conséquences commencent à se matérialiser.
Ce que montre l’article :
L’écart de vélocité entre entreprises IA-structurées et les autres suit une courbe exponentielle, pas linéaire.
Le retard français n’est pas un problème de moyens ou d’accès aux outils. C’est un problème de gouvernance.
L’IA amplifie ce qui existe. Une organisation qui dysfonctionne ira plus vite, droit vers le mur.
L’article propose aussi 5 actions concrètes pour structurer une stratégie IA : résoudre les problèmes de gouvernance d’abord, désigner un responsable avec un mandat clair, formaliser un plan avec des objectifs mesurables, former avant d’outiller, mesurer et itérer.
Pour un CEO de scale-up, c’est une lecture qui remet les priorités dans l’ordre. La question n’est plus “faut-il adopter l’IA ?”. Elle est : “mon organisation est-elle structurée pour accélérer, ou pour amplifier ses propres faiblesses ?”
💡 À retenir : “L’IA est un révélateur. Elle ne crée pas les problèmes d’une organisation. Elle les expose et les amplifie.”
3. 78% des grandes entreprises utilisent l’IA en production. Le ROI reste décevant.
→ Lire : Leaders, gainers and unexpected winners in the Enterprise AI arms race
OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft… La guerre des modèles fait rage. Les budgets explosent. Les CIOs empilent les fournisseurs.
Mais quand a16z interroge 100 décideurs du Global 2000 sur leurs résultats concrets, le constat est plus nuancé : le ROI réel “ne correspond pas au discours ambiant”.
✅ Pourquoi le lire ?
Cette étude annuelle d’Andreessen Horowitz auprès des plus grandes entreprises mondiales offre une photo nette du marché IA enterprise. Au-delà des parts de marché (OpenAI à 78%, Anthropic en forte progression), ce sont les constats de fond qui méritent l’attention.
Ce que révèle l’enquête :
81% des entreprises utilisent désormais 3 fournisseurs de modèles ou plus. La fragmentation s’accélère.
65% préfèrent les solutions des éditeurs historiques (Microsoft en tête). Pas pour la technologie. Pour la confiance, l’intégration existante et la simplicité d’achat.
Le budget IA moyen bondit de 65% cette année. Mais les gains mesurés restent en-deçà des attentes.
Pour un CEO, cette étude rappelle une évidence souvent oubliée : le choix de l’outil compte moins que la capacité de l’organisation à l’absorber. Les entreprises qui captent de la valeur ne sont pas celles qui ont les meilleurs modèles. Ce sont celles qui ont d’abord travaillé sur le facteur humain.
💡 À retenir : “Les entreprises apprennent encore à déployer l’IA efficacement. Et elles ne savent pas à quoi ressemble le ‘bon’ tant qu’elles ne l’ont pas expérimenté.”
🎧 L’espace média
Podcast : L’optimisme méthodique d’un CTO face à l’IA
→ Écouter : De la Silicon Valley à Alan : l’optimisme méthodique du CTO face à l’IA et l’humain – Tech.Rocks (27 min)
80% des utilisateurs d’Alan préfèrent parler à l’IA plutôt qu’à un humain. Parce que l’IA est jugée plus empathique : toujours disponible, toujours patiente.
Ce chiffre vient de Charles Gorintin, cofondateur et CTO d’Alan, dans cet échange avec Julien Jouhault (CTO leboncoin).
✅ Pourquoi l’écouter ?
Après les grandes études et les conseils de cabinets internationaux, ce podcast ramène le sujet sur le terrain. Un CTO français, passé par Facebook, Instagram et Twitter, qui partage ce qu’il a appris en construisant une scale-up de 500 personnes.
Ce qui ressort de l’échange :
Sa philosophie de leader : “se virer de son boulot tous les 6 à 12 mois” en recrutant des gens meilleurs que soi. Une organisation qui ne se renouvelle pas se fige.
Son regard sur l’IA : elle ne remplace pas l’humain, elle nous libère des tâches ingrates pour qu’on puisse être plus humains là où ça compte.
Son concept d’optimisme méthodique : ni naïveté, ni attentisme. Agir concrètement, tester, mesurer, ajuster. C’est comme ça qu’Alan a mis en production un assistant IA que les utilisateurs préfèrent au chat humain.
Pour un dirigeant, c’est une invitation à sortir du débat théorique “l’IA va-t-elle remplacer les emplois ?” pour entrer dans une question plus utile : comment je structure mon organisation pour que l’IA amplifie ce qu’on fait de mieux ?
💡 À retenir : “L’IA va nous permettre d’être plus humains en nous libérant des tâches ingrates.”
Podcast : How the best CEOs are meeting the AI moment
→ Écouter : How the best CEOs are meeting the AI moment
“C’est 80% transformation business et 20% transformation tech.”
Cette phrase d’Eric Kutcher résume à elle seule pourquoi tant d’entreprises peinent à voir un ROI sur leurs investissements IA. Elles traitent l’IA comme un projet tech. C’est une erreur de cadrage.
✅ Pourquoi l’écouter ?
Ce podcast ne parle pas d’outils ou de modèles. Il parle du rôle du CEO face à ce qu’Eric Kutcher appelle le “legacy moment” : le moment où un dirigeant définit ce que sera son héritage.
Son constat est sans appel : les CEOs qui s’emparent du sujet transformeront leur organisation. Ceux qui attendent ne survivront pas. “It’s that binary.”
Ce qui distingue les meilleurs selon lui :
Ils ne déploient pas l’IA en espérant que “de bonnes choses arrivent”. Ils réimaginent leurs process.
Ils développent leur propre fluency IA. Pas en lisant des rapports, mais en passant du temps avec les équipes qui utilisent la technologie au quotidien.
Ils osent être vulnérables. Dire “je ne sais pas” n’est plus une faiblesse. C’est ce qui permet d’apprendre.
Un point qui mérite qu’on s’y arrête : l’organisation du futur sera plus plate. “Way more workers and judgment, way fewer managers.” Ce n’est pas juste une évolution des outils. C’est une remise en cause des structures de management.
Pour un CEO de scale-up, ce podcast est une invitation à se poser la vraie question : est-ce que je pilote cette transformation, ou est-ce que je la délègue en espérant qu’elle se fasse toute seule ?
💡 À retenir : “The CEOs who take this on will take their organizations to a different level. And CEOs who sit and wait—their companies aren’t going to exist.”
👥 Deux profils de CEO face à l’IA
Dans quelle colonne vous reconnaissez-vous le plus souvent ? La réponse en dit long sur votre posture face à cette transformation.
À très vite,
— L’équipe Hones





